Articles avec le tag ‘urbanisme villages’

Dans son discours le mardi 15 mai 2012, à l’Hôtel de Ville de Paris, le nouveau président de la République a dit je cite : « Et je prends notamment devant vous, et devant les élus de cette agglomération, un engagement : celui de créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une métropole parisienne capable d’affronter, à l’échelle pertinente, tous les défis qui se présentent à elle. Nous nous appuierons sur une structure qui existe, et qui a commencé de faire ses preuves : Paris Métropole, qui rassemble 200 collectivités, de toutes sensibilités politiques. Il nous faudra donner à cette fédération des bonnes volontés les moyens d’aller plus loin, avec l’énergie d’un Etat partenaire. Cette nouvelle confédération métropolitaine disposera de pouvoirs réels –notamment en matière de logement, puisque c’est là l’enjeu le plus immédiat et le plus urgent pour tant de familles. »

Que l’Etat puisse aider les villes, que les villes puissent entre elles mettre en oeuvre des coopérations autour de projets bien identifiés, on ne peut être aque d’accord. Cela changerait de certaines pratiques de l’Etat depuis de longues années :

- passage en force avec droit de préemption renforcée comme pour le Grand Paris,

- mise en place d’une péréquation dite horizontale pour faire payer les villes comme Saint-Maur, dites riches qui ont su encore préserver leur cadre de vie au profit de villes qui ont gâché leur urbanisme et cumulent en effet aujourd’hui de nombreuses difficultés économiques,

- non compensation de nombreuses compétences transférées aux collectivités (les recettes associées n’ont pas suivi), etc.

Mais je refuse que les maires des communes de la petite couronne soient dessaisis de leurs pouvoirs en matière d’urbanisme et de logement : Saint-Maur ne doit pas être diluée dans la grande métropole parisienne et se voir imposer des constructions de logements massives dont ses habitants ne veulent pas et que notre territoire ne peut accueillir sans détruire notre cadre de vie village.


J’ai voté contre le contrat de mixité sociale (qui présente les orientations de la Ville en matière de logements sociaux sur les années 2011 à 2013) présenté par H.Plagnol et S.Berrios lors du Conseil municipal du 8 décembre 2011.

Deux raisons majeures m’ont conduit à m’opposerla majoration de 20% du COS (Coefficient d’Occupation des Sols) pour construire de l’habitat collectif social , et l’adaptation de notre POS (Plan d’Occupation des Sols, dit « Village ») – le dernier verrou  pourtant face à l’urbanisme de la surdensité - avec la diminution des obligations de recul des contraction par rapport aux limites de leur terrain ou la diminution de 20% de la superficie minimale des terrains constructibles

Ces choix sont extrêmement importants car ils vont structurer la politique de l’urbanisme et de l’habitat du Maire et de son adjoint à l’urbanisme dans les deux ans à venir. Or en deux ans, en appliquant ces orientations,  c’est l’urbanisme Village de Saint-Maur qui atteint en plein coeur, à bien des égards de manière irréversible.

Malgré des discours lénifiants sur la préservation de l’harmonie de notre cadre de vie commun,  malgré des pétitions aux accents guerriers de l’UMP locale contre la construction de logements sociaux, c’est bien à un détricotage en règle de l’urbanisme Village saint-maurien que se livrent le Maire et son adjoint.

Leurs choix de modulation du COS et de modification du POS sont tellement désastreux qu’ils font passer au second plan des propositions qui peuvent présenter un intérêt et méritent d’être expérimentées comme l’usufruit locatif social, l’incitation par la modulation de la taxe d’aménagement que nous avons votée à un précédent conseil, ou encore l’accompagnement des particuliers sur un éventuel conventionnement de leurs biens après en avoir mesuré toutes les conséquences ou bien encore les programmes d’accession sociale à la propriété (même si sur ce dernier point vous avez stoppé un programme rue de la Varenne en 2008 et gommé un autre dans le projet initial de la ZAC des FACS .

Faire référence à Auguste Marin, le précurseur de la cité-jardin qu’est Saint-Maur-des-Fossés, préservée et modernisée par Jean-Louis Beaumont, relève de l’étourderie ou d’un certain cynisme.  La vraie référence du Maire, avec ce contrat de mixité sociale, ce sont désormais les maires bétonneurs, adeptes du toujours plus de densité, du toujours moins de jardins privés, d’espaces verts publics, de petites parcelles accueillant des pavillons, dans l’esprit de la loi SRU de Monsieur Gayssot, du SDRIF de Monsieur Huchon, des ordonnances sur  l’urbanisme de projet de Monsieur Apparu ou des constructions annoncées de la Société du Grand Paris, j’en oublie évidemment.

Il n’était donc pas la peine d’en rajouter en souhaitant appliquer ce qui relève encore du facultatif : la majoration de 20% du COS pour construire de l’habitat collectif social , l’adaptation de notre POS, le dernier verrou  pourtant face à l’urbanisme de la surdensité, avec, comme vous le proposez la diminution des obligations de recul des contraction par rapport aux limites de leur terrain ou la diminution de 20% de la superficie minimale des terrains constructibles. Avec de telles évolutions, notre POS en sera-t-il toujours un, ou ne risque –t-il pas de nous conduire à l’adoption d’un PLU beaucoup moins protecteur ?

Notre prévention à l’égard des choix d’urbanisme du Maire est accentuée par le fait qu’il ne sait pas quantifier et donc plafonner le nombre de logements sociaux dont la construction sera autorisée grâce à la dérogation au COS et aux règles restrictives actuelles qu’il préconise.

J’ai demandé solennellement au Maire de retirer ces deux orientations du Volet urbanisme réglementaire de son projet de contrat de mixité sociale, car elles portent en elles un changement très profond du visage de notre ville, de son urbanisme dans les quelques années qui viennent. Ce que ses prédécesseurs, en tout cas certains, en accord avec une grande majorité de Saint-Mauriens, ont patiemment tissé, il va le détricoter !

Nous devons préserver ce patrimoine fragile qui contribue à notre spécificité saint-maurienne et dont nous sommes dépositaires. La modernité est ailleurs, dans les choix énergétiques plus sobres, les réseaux intelligents, de nouvelles formes peut-être de partage de l’habitat et d’accession à la propriété ou à la location. Elle n’est pas dans la ville compacte et surdensifiée 


Depuis près de trois ans, je me suis opposé avec détermination au volet urbanisme du Grand Paris en raison des graves menaces qu’il fait peser sur notre cadre de vie. Surdensification, par le biais de « contrats de développement territoriaux », droit de préemption renforcée et d’expropriation, l’Etat via la Société du Grand Paris qu’il contrôle, dispose de toutes les armes juridiques pour détruire l’urbanisme villages autour de la gare de Saint-Maur Créteil, dans un rayon de 400 mètres.

Le Conseil de Surveillance vient en effet d’approuver définitivement le choix de Saint-Maur Créteil comme gare sur le tracé du Grand Paris Express. Le ministre M.Leroy annonce même que le tronçon concerné (Pont de Sèvres-Noisy-Champ) sera dans les travaux prioritaires, dès 2017, sous maîtrise d’ouvrage exclusive de la Société du Grand Paris (et non du STIF par exemple comme pour le prolongement de la ligne 14 ou le tracé dit Arc Est proche). Comme prévu, un décret pris en Conseil d’Etat, avalisera le tout début juillet. La messe semble hélas dite pour Saint-Maur et son urbanisme villages.

Ceux qui, comme le député-maire de Saint-Maur, ne se sont pas opposés au vote solennel de la loi du Grand Paris le 26 mai 2010, ceux qui, comme le député-maire de Saint-Maur ont envoyé le message d’une opposition de façade à ce projet,  dans les cénacles politiciens, porteront une lourde responsabilité lorsque les pelleteuses des promoteurs immobiliers et des urbanistes d’Etat commenceront leur oeuvre de densification de l’habitat.

Car il y a 7 milliards d’euros au bas mot à trouver pour financer (partiellement) le Grand Paris : 7 milliards de taxes nouvelles ou existantes sur les bureaux, les logements, qu’il va donc bien falloir construire tout autour des gares.

Saint-Maur-des-Fossés a été bien mal protégée par son Maire. Pour ma part, même si le projet est hélas bien engagé, je continuerai de me battre aux côtés des Saint-Mauriens, pour que l’Etat renonce à densifier notre ville et n’applique à Saint-Maur que le volet Transport du Grand Paris (une interconnection avec le RER A mais sans nouvelle gare, sans aménagement et sans densification).


2.0

Qui suis-je ?

Agé de 37 ans, je suis marié et père de 5 enfants.
J'habite à Saint-Maur depuis plus de 30 ans. Je suis élu de Saint-Maur depuis que j'ai 20 ans.
J'ai appris à aimer ma ville et et j'ai compris que le cadre de vie dont nous bénéficions aujourd'hui peut rapidement être remis en cause.
Je suis aujourd'hui conseiller municipal "divers droite" aux côtés de 6 autres élus membres de l'association Saint-Maur Demain que je préside. J'ai été élu en juin 2009, puis réélu en mars 2011, conseiller général du Val-de-Marne sur le canton de Saint-Maur Centre.
Ancien élève du lycée Louis-Le-Grand, diplômé d'histoire et de philosophie (Paris IV-Sorbonne), d'HEC (promotion 1998) et du MBA de Columbia et de la London Business School (promotion 2011), je travaille au sein du secrétariat général d'une grande entreprise française du secteur de l'énergie.

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